Un podium pour Alexandre Zoccolan au prix culinaire Prosper Montagné 2026

Un podium pour Alexandre Zoccolan au prix culinaire Prosper Montagné 2026


Le 12 janvier 2026, à l’École Ferrandi Paris, Alexandre Zoccolan s’est hissé à la troisième place du Prix Culinaire Prosper Montagné 2026. Plus jeune des finalistes, le sous-chef du Restaurant Julien Binz positionne ce résultat comme une étape importante de son parcours, à la fois reconnaissance du travail accompli et moteur pour poursuivre plus loin son exigence. c’est une très belle place, un podium d’un concours des plus anciens (75ème édition) remporté par des sommités du métier, véritable antichambre du concours d’Un des Meilleurs Ouvriers de France, selon le président du jury Nicolas Stamm-Corby.

Il évoque une journée hors norme, dense et intense, qu’il qualifie volontiers d’aventure. Une très longue épreuve, vécue dans le cadre structurant et exigeant de l’École Ferrandi Paris, entouré de professeurs et d’un jury de haut niveau. Un contexte qu’il juge à la hauteur de l’enjeu et du prestige du concours.

Entretien après la remise des prix

Pour le thème imposé autour du sandre et de la choucroute, Alexandre Zoccolan a choisi une lecture personnelle, profondément ancrée dans son terroir alsacien. Il présente une ballotine de sandre, encylindrée d’une farce fine de sandre, relevée d’épinards juste tombés, apportant fraîcheur et équilibre. Le jambon fumé de Forêt-Noire structure l’ensemble par sa salinité et sa note fumée.

Le chou vert “fil d’or” de la Choucrouterie Ades, associé à la pomme de terre Agria et assaisonné au raifort frais, propose une évocation assumée de la choucroute, à la fois lisible et contemporaine. La composition est complétée par une tartelette de topinambour, rôtie au beurre noisette, dotée d’un cœur crémeux légèrement cacaoté, qui renforce la profondeur aromatique du tubercule.

La courge butternut et la pomme Pink Lady, issues de son maraîcher, sont déclinées en pickles, brunoise, palets et purée, apportant acidité, douceur, croquant et liaison. La sauce au Riesling Grand Cru Kaefferkopf, crémée et montée au beurre, infusée au raifort, assure la cohérence et l’équilibre final du plat.

La préparation du concours s’est construite sur plusieurs mois. Alexandre Zoccolan s’est entraîné au sein du Restaurant Julien Binz. Il a également bénéficié d’un accompagnement attentif et structurant de Audrey Stippisch, qui l’a coaché tout au long de sa préparation. En Alsace, il a enrichi son travail auprès de plusieurs chefs, parmi lesquels Bernard Leray (qui lui a mis sa cuisine à disposition pour un entrainement) Olivier Nasti, Gilles Leininger, Chatchai Klanklong, venus déguster, lui apportant conseils et regard critique. À la veille de l’épreuve, il sollicite également Yann Le Cornec, artisan reconnu, pour la conception du plateau, une aide décisive à laquelle il tient à rendre hommage.

L’épreuve du panier mystère, découverte sur place, constitue pour lui un exercice particulièrement révélateur. En trente minutes, il faut analyser, décider, créer et exécuter pour huit convives. Une contrainte qu’il apprécie, car elle reflète la réalité du métier : travailler la saisonnalité, composer avec l’imprévu, laisser s’exprimer la créativité dans un temps contraint.

Habitué des concours, Alexandre Zoccolan n’en est pas à sa première expérience. Lauréat du Championnat de France des Jeunes Talents des Maîtres Restaurateurs, vainqueur du Concours International des Disciples d’Escoffier, il assume aujourd’hui cette troisième place au Prosper Montagné comme une marche supplémentaire. Plus qu’un classement, il retient l’aventure humaine, les rencontres, l’émulation collective et le dépassement de soi.

Pour lui, les concours sont avant tout des espaces d’apprentissage et de progression. Peu importe la place finale : l’essentiel réside dans le fait de sortir de sa zone de confort, de travailler des produits inhabituels, de chercher de nouvelles techniques et d’élever sans cesse son niveau d’exigence.

Et déjà, l’envie demeure intacte : continuer, évoluer, et aller plus loin encore.

Par Sandrine Kauffer-Binz

photos ©Sandrine Kauffer-Binz et HRVProd